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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 15:38

Histoire courte d'un rapace en pleine expansion, mais pourquoi ?

 Elanion immature Olivier VANNUCCI

 

Historique européen :

 

Ce rapace reste très rare et localisé jusque dans les années 1960-1970 au sud-ouest de la péninsule ibérique (Géroudet 1978), semblant se cantonner principalement au sud du Portugal. L’espèce progressera rapidement sur l’ensemble de l’Espagne jusqu’aux années 1990 et franchira même les Pyrénées.

C’est en 1983 qu’un couple s’installera pour la première fois en France dans la région Aquitaine. Il faudra attendre 1990 pour que les premiers jeunes à l’envol soient finalement observés en France (Guyot 1990). Par la suite quelques cas de reproduction isolés seront notés ça et là ; en 1994 un couple se reproduit dans le marais Vernier en Normandie ; en 1998 un couple avec 4 jeunes est observé dans les Grands Causses.

La petite population française stagnera jusqu’au début des années 2000 en Aquitaine (pas de couples en Gironde) avec 5 couples. Mais à partir de 2003 (année de la canicule) et jusqu'à 2009 l'Aquitaine passera à 35 couples d'Elanions blanc (soit une augmentation de 30 couples en 6 ans, donc une progression de 500 %). On notera un succès de reproduction important (70 jeunes à l'envol en 2007, François Delage - Groupe Elanion).

 

En 2012 de nombreux couples cantonnés sont observés, en Loire-Atlantique, en Deux-Sèvres, en Mayenne, en Vienne, en Charente... Cette vague sudiste serait liée en partie à une quantité de campagnols importantes, notons le succès de reproduction remarquable chez le Faucon crécerelle également (nombreux individus un peu partout).

 

 

Habitat et écologie :

 

Les Elanions blancs sont de petits rapaces répandus dans les paysages ouverts africains tels que les savanes. En Europe, cette espèce colonise des milieux agricoles diversifiés, on la retrouve à proximité de grandes parcelles cultivées (céréaliculture) bordées de haies arborés et de prairies. Il affectionne les grands arbres souvent des chênes ou des pins pour construire son nid toujours proche de ses secteurs de chasse. Son installation dépend aussi de la ressource alimentaire disponible notamment en micromammifères. Il conserve un comportement erratique lui permettant une grande adaptabilité suivant les conditions des territoires de nidification. C’est un oiseau opportuniste chassant aussi bien des insectes, des passereaux que de petits mammifères.

La particularité de l'espèce est sa faculté à se reproduire quasiment toute l'année, surtout de février à novembre.

 

Voici une petite serie de photos d'oiseaux observés en Loire-Atlantique et Mayenne (2012-2013)

L'année 2012 montre que l'espèce s'implante dans tout l'Ouest de la France.

 

Elanion apport brindilles Olivier VANNUCCI

 

Un individus récolte une brindille au sol pour donfectionner son nid ressemblant à celui d'une corneille noire au sommet d'un chêne pédonculé ici dans le 44.

 

Elanion & Bondrée Olivier VANNUCCI

 

Ici un individus chasse une Bondrée apivore passant trop près de son nid lors de sa migration post-nuptiale.

 

Elanion à l'affût Olivier VANNUCCI

 

Elanion immature Olivier VANNUCCI

 

Posté souvent au sommet d'un arbre, sur une branche morte ou un fil électrique, il guette ses proies à l'affût.

 

Elanion en vol Olivier VANNUCCI

 

L'oiseau en vol est très rapide et agile, il fond sur sa proie directement ou alors fait du sur place se laissant tomber en parachute.

 

Elanion en chasse Olivier VANNUCCI

 

Il a un taux de réussite de capture assez important.

 

Elanion capture campagnol Olivier VANNUCCI

 

Ici un immature présent en Mayenne, ramenant sa proie sur un perchoir pour la dépecer, on aperçoit le campagnol pendu aux serres de l'oiseau.

 

Elanion dépèçe campagnol Olivier VANNUCCI

 

 L'oiseau ne perd pas de temps et engloutit sa proie en quelques minutes.

 

Elanion se pose Olivier VANNUCCI

 

 En espérant que ce nouvel arrivé dans l'avifaune de l'Ouest de la France redore l'image des rapaces !

 

Olivier Vannucci

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 15:24

Nous redescendons vers le Saint Laurent, en direction de Tadoussac (site incontournable pour observer les cétacés et autres oiseaux marins). Nous nous arrêtons alors dans la réserve du Cap Tourmente. Ce site est connu pour son stationnement de milliers d’oies des neiges au printemps et à l’automne, mais moins comme spot de migration de nombreux rapaces. Plusieurs étangs accueillent de nombreux anatidés et ardéidés, les forêts et autres "boisés" peuvent abriter de nombreuses espèces de passereaux en période prénuptiale et postnuptiale.

 

Cap Tourmente Olivier Vannucci

 

Les étangs de la ferme sont intéressants pour les Butors d’Amérique et le Petit blongios. Quelques sarcelles à ailes vertes et à ailes bleues se rassemblent en période de mue. Parmi elles, les foulques d’Amérique, les grèbes à bec bigarré et les fuligules à tête noire se faufilent dans la masse.

 

Foulque d'Amérique Olivier VANNUCCI

 

Ici une Foulque d'Amérique (Fulica americana) reconnaissable à son bec, en comparaison avec la Foulque macroule son front n'est pas orné par une plaque osseuse.

 

Chevalier solitaire Olivier VANNUCCI

 

Dans un petit canal, un petit groupe de Chevalier solitaire (Tringa solitaria) se repose sur une branche.

 

Cap Tourmente Olivier Vannucci

 

      Epervier brun & Martin pêcheur d'Amérique Olivier VANNUC

 

Un épervier brun se jette sur un Martin pêcheur d’Amérique, je ne sais pas si il veut l’attraper ou chiper sa pêche, car le petit rapace ne fait pas le poids face au grand pêcheur !

 Jaseur d'Amérique Olivier VANNUCCI

 

Bruant à gorge blanche Olivier VANNUCCI

 

Dans les haies, les bruants à gorge blanche et les jaseurs d’Amérique se nourrissent de baies pour l’un et de graines pour l’autre dans une mangeoire bien garnie.

 

Cap Tourmente vue Saint Laurent Olivier Vannucci

 

Après avoir monté sur la coline dominant la réserve, nous apercevons le Saint-Laurent et à l'horizon sur la droite la ville de Québec. De là nous observerons la seule Petite buse du voyage (Buteo platypterus).

 

Petite buse Olivier VANNUCCI

 

 

Changement de décor, nous reprenons la route vers le nord pour faire un petit crochet vers le Parc National des Grands Jardins (dépaysement garanti, un petit goût de Laponie).

Ce parc immense est recouvert par les épinettes et les lichens. Quelques tourbières abritent les canneberges et autres droséras.

 

Lac Grands Jardins Olivier VANNUCCI

 

Lichens Olivier VANNUCCI

 

Notre première rencontre est un pic, ressemblant au Pic tridactyle, il s'agit du Pic à dos rayé (Picoïdes dorsalis). Très peu farouche, il se chauffa au soleil, puis il commença à se nourrir en explorant les toncs des sapins.

 

Pic à dos rayé Olivier VANNUCCI

 

 

Pic à dos rayé Olivier VANNUCCI

 

Avec son petit bec légèrement retroussé, il décolle les plaques d'écorces et les lichens.

 

Etang tourbeux Olivier VANNUCCI

 

Les étangs tourbeux sont magnifiques, les libellules chassent dans les chemins et se posent parfois. Ici une Aschne difficile à déterminer.

 

Aeschne sp Olivier VANNUCCI

 

On poursuit notre chemin à travers la forêt, nous croisons deux passereaux présents en nombre. Le premier est une paruline, le Paruline à croupion jaune (Setophaga coronata). L'autre oiseau plus discret repérable en vol par ses rémiges blanches, c'est le Junco ardoisé (Junco hyemalis).

 

Paruline à croupion jaune Olivier Vannucci

 

Junco ardoisé Olivier Vannucci

 

Grands Jardins Olivier VANNUCCI

 

Un silence règne comme si le lichen avait remplacé la neige étouffant le moindre bruit. Soudain une bande bien bruyante s'approche, ils ont repéré notre présence.

 

Mésangeai du Canada Olivier VANNUCCI

 

Mésangeai du Canada Olivier VANNUCCI

 

Curieux et malheureusement habitués à la nourriture des humains, ces 3 Mésangeais du Canada (Perisoreus canadensis) poursuivront leur route. Nous finissons la boucle puis reprenons la voiture pour partir à la recherche de l'Ours noir.

 

Sur la piste, nous croisons une Gélinotte huppée qui a failli finir sous le 4x4 des gardes. Et enfin un indice de présence du plantigrades : une belle crotte !

 

Crotte d'ours noir Olivier VANNUCCI

 

Celle-ci est pleine de myrtilles lui donnant une teinte violacée. Un peu plus loin un criquet aux ailes jaunes crépite lorsqu'il s'envole, c'est l'Oedipode verruqueux (Trimerotropis verruculata).

 

Oedipode verruqueux Olivier VANNUCCI

 

 

 

Grands Jardins Olivier VANNUCCI

 

Une autre petite marche nous amène au coeur de la fôret de résineux, c'est impressionnant cette densité d'arbres et cette immensité sans voir la présence humaine !

 

Epinettes Olivier VANNUCCI

 

Toujours ce silence, un petit frisson me fait éternuer, une gros rapace décolle ! C'est incroyable, j'ai surpris ce jeune Autour des palombes qui se pose à une dizaine de mètres de nous.

 

Autour des Palombes Olivier VANNUCCI

 

Nous rentrons en direction du Saguenay...

 

Olivier et Adeline.

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 07:15

Voilà l'occasion de refaire un parcours que nous avions déjà fait avec Anne à ma première venue ici. Monter jusqu'au volcan à pied en empruntant le GR2 qui traverse l'Ile de la Réunion. Je n'en ferai qu'une portion, reliant la Plaine des Cafres au point de vue sur le Piton de la fournaise, le volcan actif de l'Ile.

Une heure de marche me sépare des sentiers tranquilles, je choisie donc de partir à 5h00 pour me faire ce préambule routier dans le noir. (Tamarin des Hauts à 5h45, à peine 10°C).

01 de nuit

Je m'engage ensuite à travers les pâturages d'où l'on peut déjà voir les premiers rayons de soleil tapés sur l'autre volcan principal, le Piton des neiges, point culminant de la Réunion. 

02 paturage

Durant la progression aux abords des prairies, quelques arbres isolés et des secteurs de landes d'altitudes nous permet de savoir où nous sommes: les espèces sont endémiques et typiques de l'altitude. Elles sont également  pionnières de ses milieux où l'érosion est fortes par les pluies estivales et cycloniques, et les résurgences de plaques volcanique sont omniprésentes. Quelques espèces d'oiseaux m'accompagnent, dont ces "zoizos blancs", ou oiseaux-lunettes gris ou encore Zosterops borbonicus borbonicus, qui habituellement ne sont pas si facile à photographier. C'est pourtant l'un edes espèces les plus présentes sur tout les milieux de l'Ile!

03 Zosterops borbonicus borbonicus

J'arrive à hauteur du Piton Textor, sommet à partir duquel il est bon de se retourner pour faire le point! En deuxième plan, la Plaine des Cafres d'où je viens, et en troisième plan les hauteurs qui entourent les forêt les plus humide de l'Ile, les secteurs de Bélouve et Bébours. Enfin en quatrième plan à gauche, toujours le sommet du piton des neiges. Je profite du point de vue car à ces altitudes, le brouillard peut venir d'un seul coup!

04 textor

Sur une touffe de Branle vert, un Tec-tec (Saxicola tectes) profite du petit matin!

05 saxicola tectes

Et bien sûr, à la sortie des pâturages, il ne faut pas beaucoup de temps pour voir les nuages embrasser les croûtes de laves sur lesquelles j'évolue. 

06 brouillard

Mais la suite me montre que ce n'est pas une fatalité... Les nuages se dissipent et dans les hauts de la rivière de l'Est, le point de vue est tel que je vois ce qu'il me reste à parcourir: devant à gauche, le vide, c'est la naissance de la rivière de l'Est; passé les quelques brandes, je descendrai sur la plaine des sables, dernier paysage à traverser avant de dominer le Piton de la Fournaise que nous voyons très bien sur cette photo au fond à gauche!

07 reste a faire

Ayant descendu le relief au fond à droite, je suis maintenant sur la plaine des sables, partagée entre rocailles, graviers...

08 plaine

... et sables. Ici des conditions extrèmes balaient cette régions. Deuxième point le plus humide de l'Ile, l'amplitude thermique est assez importante et les vents quasi permanents (ci-dessus: la graminée est Pennisetum caffrum, typique de ces milieux).

Quelques espèces végétales s'instalent malgré tout: ici Psiadia callocephala, une astéracées, accompagnée d'un Myosotis de Bourbon en fruit (en second plan, Cynoglossum borbonicum).

09 des sables+Cynoglossum borbonicum

Un criquet et une araignées semblent bien seuls à première vue, au milieu de l'immensité. Pourtant, le silence qui règne à ces altitudes est rompus par des trilles de criquets un peu partout.

10 criquet

11 araignée

 

Les sables et graviers laissent la place aux plaques de laves cordées, gagnées progressivement par les lichens...

J'en profite pour photographier mes compagnons de routes: ma chaussure et le balisage du GR.

12 gr

La végétation reprend, quelques Petit bois de rempart Agauria buxifolia colorent la lande de Branle vert et Branle blanc de leurs fleurs rouges. De la famille des Ericacées, c'est une bruyères de 50cm de haut que l'on trouve jusque dans les laves du volcan!

13 Agauria buxifolia

Le ciel est encore bleu lorsque j'arrive au point de vue. Il est 10h30 et je suis un peu en avance sur mo rendez-vous... Anne et Mahé doivent venir me rejoindre envoiture!

14 fournaise

Benoit

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 15:18

Après l'article de Morgane qui a eu la chance de croiser des Orignaux, voici une serie très "paysage" et une petite surprise pour la fin, sur ce même site mais visité une semaine plus tôt !

Entrée de la vallée de la Jacques Cartier Olivier VANNUCC

A notre arrivée, cette vallée encaissée nous attire par ses paysages grandioses et ses couleurs du soir. Nous y resterons que deux petites heures.

Vallée de la Jacques Cartier soleil rasant Olivier VANNUCC

La lumière est impressionnante presque irréelle, quelques arbres commencent à changer de couleur et le jaune doré est accentué par le soleil rasant.

Vallée de la Jacques Cartier Olivier VANNUCCI...

Nous continuons vers l'amont à l'affût du moindre orignal, mais rien...

Vallée de la Jacques Cartier Olivier VANNUCCI.

La piste est de plus en plus cabossée, nous croiserons un Raton-laveur (Procyon lotor) très furtif.

Vallée de la Jacques Cartier Olivier VANNUCCI

Toujours rien malgré les nombreuses observations rapportées par des personnes croisées... Nous décidons alors de faire demi-tour. La piste se termine en cul-de-sac de toute façon.

Vallée de la Jacques Cartier Olivier VANNUCCI..

Le paysage est à couper le souffle malgré tout, les recherches infructueuses de grands mammifères sont presque oubliées.

Repas du Castor d'Amérique Olivier VANNUCCI

Nous nous arrêtons une dernière fois et là, un Castor d'Amérique (Castor canadensis) nage à proximité de nous, une branche à travers la mâchoire. Superbe ambiance à la tombée du jour !

Castor d'Amérique Olivier VANNUCCI

L'observation dans la pénombre ne facilite pas la prise de clichés, mais l'ambiance est là !

Olivier et Adeline.

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 12:34

Ce deuxième parcours est un aller-retour. Je quitte les sentiers pour remonter le fond du Bras des Roches Noires: un lit de cailloux, galets et bloques. A la Réunion, toutes les ravines sont généralement quasi sèches, et leur configuration dépend des grands évenements pluvieux comme les cyclones. Les eaux utilisent alors l'ensemble du lit et peuvent s'adonner à leur travail d'érosion. 

20 DSCN0226

 

Pour l'heure seul un petit torrent facilement franchissable sillonnent ce "désert" de blocs, les blocs de plus de 2 mètres cubes sont monnaie courante. Le tarier de la réunion (Saxicola tectes) toujours bien présent peut ainsi trouver de nombreux reposoirs pour chanter.

25 Saxicola tectes2

 

Dans ce décors immense, l'oeil finit par s'habituer et tombe sur quelques petites bêtes qui trouvent leur place au milieu du dédale. Les premiers habitants observés, les libellules. Nous retrouvons Anax imperator et trithemis haematina. Une espèce non déterminée de demoiselle, de livrée brune, se laissera difficilement approcher, s'envolant tel un fourmilion maladroit pour ce reposer quelques mètres plus loin.

21 Anax imperator22 Trithemis haematina2

 

Ce sont ensuite les araignées. Chacune a sa loge, l'une placant sa toile entre deux galets, ...

24 epeire sp

... l'autre au dessus de l'eau, une autre encore chassant à vue sur les paroies abruptes.

23 araignee sp

La dernière espèce contacter est la seule identifiée, la fameuse Nephila inaurata (sur la photo, l'individu fait près de 15cm de long avec les pattes) avec son chapelet de proies. Elle est accompagnée d'une espèce beaucoup plus petite qui semble profiter de la même toile (!?).

26 Nephila inaurata

 

Arrivée à mi parcours, isolé de toutes présences humaines, certaines paroies abruptes présentes des failles propices pour l'Hirondelle de Bourbon (Phedina borbonica), qui y niche. Une dizaine d'individu en chasse permanente autour du rempart m'aura attiré l'attention... 

28 Phedina borbonica

 

La ravine semble maintenant se végétaliser et les dénivelés deviennent plus sérieux. La végétation des abords semble devenir plus locale avec des sols volcaniques encore en lichen et en mousses, parsemés de petits arbres pionniers et bien souvent endémique. C'est  le début des vertigineux remparts inexplorés. Pour la petite histoire, les derniers individus de Pétrels noires de Bourbon peuplent encore ces flancs de hautes altitudes. Cette espèce restée légendaire de par ses moeurs strictement nocturnes s'éteind inexorablement!

Le Merle pays (Hypsipetes borbonicus), espèce endémique de ces forêts primaires, viendra me chanter au nez et me sonner l'heure du retour. Qu'il est bon de pouvoir s'immerger encore dans ces paysages presque vierge...

29 Hypsipetes borbonicus

 

Benoit

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 14:13
Décidément, le mardi sera le jour de la semaine pour les marches en solitaires. C'est ainsi que par deux fois, deux semaines de suite, j'ai pu m'adonner à mes déambulations en redécouvrant des milieux de rivières... le Bras de la Plaine et l'un de ses affluents, le Bras des Roches Noires!
11 DSCN0097
Les sommets dominants les bras de la Plaine et des Roches noires.

La première balade est consacrée au bras de la Plaine, rivière principale de ce secteur sud ouest de l'Ile. Le principe de mon circuit est de descendre vers le lit de la rivière à hauteur de la Plaine des Cafres (de 1300m à 600m d'altitude), puis de descendre le lit de la rivière (sur 7 km) jusqu'à hauteur de Pont d'Yves, où il suffit de remonter (de 350m à 800m d'altitude)!
12 DSCN0099
J'aborde le village de Grand Bassin, avec ses moineaux domestiques et ses Merles Maurices, tous introduits et pullulant en milieu humain.
15 DSCN0210
Aussitôt dépassé le bas du villages et son "voile de la Mariée", des visions plus tranquilles s'offrent aux yeux, comme ce jeune Tec-tec ou Tarier de la Réunion (Saxicola tectes) qui semble venir voir ce que je suis.
13 Saxicola tectes
Arrivé aux abords du cours d'eau, une faune aquatique profite des parties au courant plus calme: Anax imperator (sous espèce éthiopienne) ou encore Trithemis haematina chasse au dessus, tandis que sous la surface des Gobies non déterminés flirtent avec les tétards du crapaud africain (Bufo gutturalis), présents dans n'importe quel zone d'eau.
16 Trithemis haematina
              
La randonnée se complique alors puisqu'à la date où nous sommes, les premières pluies prennent les hauteurs de l'Ile et grossissent sensiblement le cour d'eau qui prend des allures de torrent... encore franchissable puisque je vous raconte comment ça s'est passé!
17 Actitis hypoleucos
Tandis que je mouille jusquà ma culotte pour progresser, quelques belles observations viennnent m'encourager: trois Chevaliers guignette se jouent du torrents et s'alimentent entre les galets (individu originaire a priori d'asie, ce qui explique des proportions bien plus élancées qu'en métropole). La frustration reste cette demoiselle noire et bleue qui me passe sous le nez alors que j'ai de l'eau jusqu'à la taille et que mes deux mains me sont plus utiles à garder mon équilibre le long de la paroie rocheuse qu'à prendre mon appareil photo!
Le lit minéral de la rivière en plaine érosion permet de voir des passages rocheux en voûtes, dont certain accueille des colonies de Salanganes des Mascareignes, sorte de martinet local. La progression vers l'aval du cours d'eau voit le lit se végétaliser: les espèces pionnières se mellent aux espèces de zones humides comme cette grande prêle (Equisetum ramosissimum) abondante par endroit!
19 Equisetum ramosissimum
Après de nombreuses traversées de la rivière, j'arrive enfin à reprendre un sentier, c'est le début de la fin et un Zoizo la vierge (Terpsiphone bourbonnensis bourbonnensis) m'accueille...
10 Terpsiphone bourbonnensis bourbonnensis
Cette première balade m'aura fait faire 6 heures de marches, de quoi vérifier que la machine marche bien!
A suivre...
Benoit
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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 20:19

Arrivée 11h à l'aéroport de Montréal, après 7h30 de vol environ. Nous profitons du reste de la journée pour visiter la ville, avant de partir le lendemain pour de plus grands espaces : le Parc National de la Jacques Cartier qui tient son nom de la rivière Jacques Cartier.

 

IMGP0548

 

Un grand héron passera en vol au-dessus de nos têtes mais ne se posera pas, dans le buisson à proximité de deux jeunes Bruants familiers (Spizella passerina) nous épient. 

 

Bruant familier juv (3)

 

Nous partons pour notre première balade dans le parc. Nous observons le fameux Martin-pêcheur américain (Megaceryle alcyon), mais également un Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) et un jeune Epervier brun (Accipiter striatus).

Epervier brun (3)

 

Et en contrebas deux orignaux (Alces alces) planqués dans les hautes herbes, un jeune mâle et une femelle.

 

Orignal (3)

 

Nous continuons notre route et au détour du lac Buvard (lac à sec en période estivale), nous tombons nez à nez avec cette Grenouille des bois (Lithobates sylvaticus).

 

Grenouille des bois (1)

 

Et ce pic chevelu (Picoides villosus).

 

Pic chevelu

 

 

Nous reprenons la voiture et dirigeons vers un nouveau départ de randonnée. En chemin, nous croisons à nouveau un orignal, cette fois-ci, un beau mâle en train de se nourrir dans la rivière.

 

Orignal (8)

Orignal (23)

 

Nous continuons notre chemin et nous arrêtons plus loin en bordure de la rivière.

 

IMGP0591

 

Une grenouille verte canadienne (Rana clamitans) se prélasse sur les bordures de la rivière.

 

IMGP0643

 

Avant de quitter le Parc, nous nous arrêtons pour un dernier détour sur une tourbière, avant de prendre la route vers Saguenay. 

 

IMGP0673

 

Morgane, Antoine, Mathieu et Marion.

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 08:46

Une fois n'est pas coutume, un article consacré à une espèce : le Plongeon imbrin (Gavia immer).

 

Depuis deux jours un Plongeon imbrin a élu domicile dans le chenal de Pen Bron entre la Turballe et le Croisic à l'entrée du Traict. Voici quelques images au lever du soleil !

 

Plongeon imbrin OV 1

 

Plongeon imbrin 2 OV

 

Plongeon imbrin 3 OV

 

Plongeon imbrin 4 OV

 

Petite ambiance sympathique pour débuter la journée !

 

L'hiver approche avec son cortège d'espèces nordiques, chouette !

 

Olivier et Claire.

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 20:43

Malgré un ciel nuageux en cette matinée du 31 octobre, l’océan atlantique offre une palette de couleurs digne des mers des Caraïbes ou presque. 


IMGP8941

 

L’objectif de la journée,  attendre la marée basse pour pouvoir grimper tout en haut du Grand Mulon.

 

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L’après-midi, le ciel se découvre, la marée est basse, il est temps pour nous de grimper le Grand Mulon.


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La montée se transforme en course, attention aux algues glissantes, une chute est si vite arrivée, mais ... n’aura pas lieu. Le point de vue est superbe, d’un côté l’estran bien découvert, de l’autre, les plages de sable blanc.

 

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La descente du Grand melon se fait avec prudence et nous nous attardons sur l’estran à la découverte de ce monde riche et méconnu.

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Nous trouvons un Marek fier de sa prise mais bien à l’abri des pinces de ce crabe quelque peu agressif.

 

IMGP8968

 

 

Nous observons de drôles de petits crustacés : Pisidia longicornis


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Une des techniques de camouflage de ce crabe est de se coller des morceaux d’éponges et d’algues sur le corps : Porcellana platycheles


IMGP8964

 

 

Alors que certains crabes préfèrent s’enfouir pour se dissimuler, certains au contraire très combattif cherche la confrontation comme ce Xanthe (Xantho incisus) :

 

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Un autre xanthe de la même espèce que précédemment, mais celui-ci arbore une couleur particulière et semble moins caractériel que ses congénères.

 

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Le Grapse marbré (Pachygrapsus marmoratus), un drôle de crabe aux allures carrées.


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Une drôle d’araignée à dix pattes (Inachus phalangium) :


IMGP8976

 

Et cette drôle de blennie, le mordocet (Lipophrys pholis) :

 

IMGP8975

 

La Team MB 

 

Morgane, Adeline, Olivier, Pauline et Marek

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 17:00

Après une visite éclair de la ville de Québec (ah Madonna et 72 000 fans !!!), nous prenons la route vers le Nord en direction du Parc National de la vallée de la Jacques Cartier. A 45 minutes de Québec nous nous arrêtons tout d'abord à Stoneham sur les Marais du Nord. Ce site remarquable par ces milieux et sa forêt boréale nous réserve de belles rencontres !

 

Marais du Nord Olivier VANNUCCI

 

Le temps lourd et orageux ne facilite pas la randonnée et surtout accentue l'attaque des moustiques ! J'ai tenté le short et j'ai perdu (des centaines de piqûres sur les mollets). A partir du parking du chemin de la grande ligne, les sentiers sont balisés et donnent accès à des circuits thématiques link.

 

Rivière des Hurons Olivier VANNUCCI

 

A l'Est, le sentier de la Roche Plate et des Méandres permet l'observation de nombreux passereaux comme les parulines, mais aussi les grives, les jaseurs d'Amérique, les mésanges et le moqueur chat. Certains passereaux se poseront sur nous cherchant de la nourriture ! Les écureuils roux d'Amérique (Tamiasciurus hudsonicus) ne sont pas en reste, alarmant avec un cri "mitraillette", c'est assez surprenant. Comme le dit le panneau, si familiers !!!

 

intrus Olivier VANNUCCI

 

Dans la forêt boréale, les passereaux se déplacent en bande mixte. Les parulines se rapprochent petit à petit attirées par le ballet des mésanges à tête noire tout autour de nous.

 

La Paruline à gorge noire (Dendroica virens) :

A noter, les deux barres alaires nettes sur le gris, la tête jaune et le croupion jaune verdâtre et enfin le ventre blanc sale rayé de noir surtout sur la gorge sur les flancs.

 

Paruline à gorge noire Olivier VANNUCCI.

 

La même mais sous un autre éclairage.

 

Paruline à gorge noire Olivier VANNUCCI

 

La Paruline à flancs marron (Dendroica pensylvanica) :

Il s'agit ici d'un adulte avec la présence de la coloration brune sur les flancs.

 

Paruline à flancs marron ad Olivier VANNUCCI

 

La Paruline à tête cendrée (Dendroica magnolia) :

Espèce très commune, la tête cendrée avec un cercle oculaire blanc assez net, le ventre jaune rayé de noir et le dessous du croupion blanc.

 

Paruline à tête cendrée. Olivier VANNUCCI

 

La Paruline noir et blanc (Mniotilta varia) :

C'est une espèce surprennate par ses couleurs, l'oiseau est entièrement noir et blanc (digne d'un film muet du milieu du 20ème siècle ;-). Un acrobate hors pair aux pieds jaunes !

 

Paruline noir et blanc Olivier VANNUCCI

 

La Paruline obscure (Leiothlypis peregrina) :

Cette petite espèce ressemble un peu à nos pouillots, sauf le bec plus proche de celui des fauvettes.

 

Paruline obscure Olivier VANNUCCI

 

 

La Paruline à collier (Setophaga americana) :

Une des plus belles avec une gorge jaune orangée, le ventre blanc, tête grise avec la calotte et le dos verdâtre.

 

Paruline à collier Olivier VANNUCCI

 

Les autres sentiers à l'Ouest : le Marais et la Tourelle, abritent de nombreuses sittelles, des geais bleus, des viréos et également de nombreuses parulines.

 

Décharge du Lac Delage Olivier VANNUCCI (1)

 

La multitude d'habitats aquatiques est intéressante pour les amphibiens, mais au mois de septembre c'est le désert batrachologique. Plus loin sur la "décharge" du Lac Delage, un Canard noir (Anas rubripes) barbote à proximité de nous.

 

Canard noir Olivier VANNUCCI

 

Plus au sud, le lac s'étend aux pieds des collines couvertes de forêts. Nous apercevons un petit rapace rappelant un hobereau chassant les libellules et se postant sur des perchoirs dégagés.

 

Marais du Nord Olivier VANNUCCI

 

Il s'agit d'un Faucon émerillon (Falco columbarius) sur un sapin mort en bordure de lac. Ce comportement particulier que je ne connaissais pas chez nous en France m'a paru étrange. Mais il semble que l'espèce profite de cette quantité d'odonates disponible à cette période.

 

Faucon émerillon Olivier VANNUCCI

 

Dans le sous bois, une grive se laisse observer brièvement. Il s'agit de la Grive à dos olive (Catharus ustulatus), c'est un oiseau très discret.

 

Grive à dos olive Olivier VANNUCCI

 

Des jacassements se font entendre un peu plus loin, ils se rapprochent de nous petit à petit. J'entraperçois un oiseau d'un bleu vif, c'est un Geai bleu (Cyanocitta cristata). Il est magnifique et peu farouche.

 

Geai bleu Olivier VANNUCCI

 

Un autre curieux s'avance sur un tronc puis se pose à quelques centimètres de moi, c'est la Sitelle à poitrine rousse (Sitta canadensis).Plus petite que sa cousine torchepot, elle possède un bec court et légèrement retroussé.

 

Sittelle à poitrine rousse Olivier VANNUCCI

 

Sur le lac un couple de Huart à collier (Gavia immer) est en pêche. L'affluence des canoës ne facilite pas l'observation...

 

Lac Saint Charles Olivier VANNUCCI (1)

 

Attention, il faut faire gaffe où l'on pose les pieds en forêt !

 

Mais qui se cache sur la photo Olivier VANNUCCI

 

Crapaud d'Amérique Olivier VANNUCCI

 

Un Crapaud d'Amérique (Anaxyrus americanus) cherche sa nourriture dans la litière le long du chemin, sa peau moucheté se confond à la perfection avec le tapis de feuilles mortes et autres débris végétaux.La photographie est un peu ratée dommage !

 

Plus haut sur des rameaux secs, un drôle de piaf virevolte à la manière d'un gobemouche. C'est le Moucherolle des aulnes (Empidonax alnorum). C'est un oiseau étonnant par sa morphologie et surtout son bec.

 

Moucherolle des aulnes Olivier VANNUCCI

 

En lisière, un viréo très curieux se poste face à nous, il s'agit du Viréo de Philadelphie (Vireo philadelphicus).

 

Viréo de Philadelphie Olivier VANNUCCI

 

Prochain article sur le Parc National de la Vallée de la Jacques Cartier...

 

Olivier et Adeline

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Published by Naturalistes - dans Monde
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