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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 07:00

Un an après ce voyage au Québec, je reprends le récit de nos observations. Suite à notre traversée du Saint Laurent de Saint Siméon à Rivière-du-Loup, nous faisons une halte au marais de Gros Cacouna. Ce site classé et aménagé pour la nature à partir de 1995 est lié à la création du port de mer en 1970, entrainant le remblaiement d'une partie du marais le coupant du fleuve. Ce site constitué de bassins endigués, d'une colline boisée et de pelouses nous montre une conciliation réussie entre l'espace portuaire et la préservation de l'environnement.

 

Ce jour-là, la météo n'était pas de la partie, brume et grisaille ne nous ont pas permis d'avoir de belles lumières ! Nous rencontrons le premier hôte des lieux, le Grand héron (Ardea herodias). Sa taille est impressionnate comparée à son cousin européen, le Héron cendré, il mesure près de 1,20 m de haut posé ! Il est présent un peu partout au Québec.

 

Grand héron Olivier VANNUCCI

 

Dans le même bassin, un peu plus loin, une Sarcelle à ailes bleues (Anas discors) se repose sur un rocher en compagnie de canards colvert. C'est vraiment frappant la couleur bleu-nâcre des plumes sus-alaires. Une des canes colvert possède une bague à la patte droite (origine de l'animal ?).

 

Sarcelle à ailes bleues Olivier VANNUCCI

 

Depuis un observatoire, nous apercevons un mâle de Busard Saint Martin (Circus cyaneus) chassant au-dessus d'une cariçaie / scirpaie . Ce rapace sera régulièrement observé lors de notre séjour. Ce rapace cosmopolite a une population se composant de deux sous-espèces.

 

La sous-espèce américaine en quelques mots :

 

Circus cyaneus hudsonius (Linnaeus, 1766)

  • Vivant en Amérique du Nord, au sud ouest du Mexique et le sud de la Virginie (USA) ; passant l'hiver jusqu'au nord de l'Amérique du Sud.
  • ID : Le plumage du mâle est gris plus foncé que la sous-espèce européenne. La femelle est aussi plus sombre et plus rousse.
  • Une marge noire sur le bord de fuite des ailes du mâle, semble aussi une distintion marquée chez cette sous-espèce.

 

Busard Saint Martin Olivier VANNUCCI

 

Dans le bassin jouxtant la zone de chasse du busard, se trouve des oies. Quelques Oies des neiges (Chen caerulescens) et Bernaches du Canada (Branta canadensis) font une halte ici au printemps et en automne lors de leur voyage migratoire.

 

Bernache du Canada Olivier VANNUCCI

 

Nous quittons ce marais, direction Kamouraska pour ses fûmoirs à poissons et son estran réputé pour l'observation des limicoles. Nous avons donc pique-niqué avec un sandwich aux poissons fumés (esturgeon et saumon), un vrai délice  !

 

Kamouraska Olivier VANNUCCI

 

Depuis un ponton situé dans la ville de Kamouraska à marée basse, un groupe de Chevaliers à pattes jaunes (Tringa flavipes) et un Chevalier criard (Tringa melanoleuca) se laissent approcher. Ces deux espèces proches méritent que l'on s'y arrête davantage pour les différencier.

 

Chevaliers à pattes jaunes Olivier VANNUCCI

 

Le groupe de Chevaliers à pattes jaunes se nourrit parmi les laisses de mer sur la vase exondée, les individus courent après de micro-invertébrés bloqués dans de petites flaques.

 

Rapprochons-nous un peu pour essayer de noter les critères de reconnaissances de la première espèce :

 

- Longues pattes de couleur jaune-vif, bec fin et droit, importante projection primaire et le bout des ailes qui dépasse celui de la queue (en comparaison par exemple avec le Chevalier gambette) , poitrine finement rayée.

 

Chevalier à pattes jaunes Olivier VANNUCCI

 

Contrairement au Chevalier criard (Tringa melanoleuca)  :

 

- Pattes d'un jaune vif parfois plus marquées que chez le Chevalier à pattes jaunes, bec fort et long arqué vers le haut, poitrine nettement rayée.

 

Chevalier criard Olivier VANNUCCI

Chevalier criard 2 Olivier VANNUCCI

Chevalier criard 3 Olivier VANNUCCI

 

Depuis le début du périple, nous avons pu observé les Chevaliers :

- grivelé (à Drummondville)

- solitaire (au Cap Tourmente)

- à pattes jaunes (à la baie Missisquoi et à Kamouraska)

- criard (à Kamouraska).

 

Nous quittons l'odeur des embruns pour la frontière avec les Etats-Unis, pour cela nous prenons la direction de Scotstown, où se situe notre gîte. Nous traverserons le Parc National de Frontenac avant d'aller vers le Mont Mégantic.

 

Parc National de Frontenac Olivier VANNUCCI

 

De grosses pluies rendent les chemins impraticables et la fin de saison touristique ne favorisent pas l'accès aux sites d'observations. Nous passerons en coup de vent sur ce lieu. Néanmoins quelques observations intéressantes sont faites le long des sentiers.

 

Paruline couronnée Olivier VANNUCCI

 

Une paruline approche, après quelques secondes de "pishing", il s'agit de la Paruline couronnée (Seiurus aurocapilla), c'est un passereau magnifique, un mélange entre la grive et le roitelet de la taille d'un rougegorge !

 

Paruline couronnée Olivier VANNUCCI 2

 

Nous partons, et finalement nous décidons de faire une petite randonnée sur le site des 3 Monts, nous traverserons une partie de la réserve biologique de la Serpentine-de-Coleraine en empruntant le circuit menant au Mont Oak.

 

3 Monts Olivier VANNUCCI

 

Pendant l'ascension, nous croiserons la Paruline bleue, la Paruline masquée et la Paruline noir et blanc (Mniotilta varia), celle-ci prenant la pose pendant sa toilette !

 

Paruline noir et blanc Olivier VANNUCCI 2

 

Et aussi cette Paruline à tête cendrée (Setophaga magnolia), curieuse elle se tiendra à moins d'un mètre de nous.

 

Paruline à tête cendrée Olivier VANNUCCI-copie-1

 

Après avoir dormi dans la voiture la veille, nous voici dans une grande demeure digne des histoires les plus sordides au milieu de nulle part, avec des portes qui grincent et une cave bien étrange ! Le lendemain, on roule jusqu'au lac Mégantic. De là, nous avons un point de vue sur d'immenses forêts qui se trouvent de l'autre côté de la frontière, aux Etats-Unis.

 

Lac Mégantic Olivier VANNUCCI

 

Nous repartons pour l'une des rares réserves de ciel étoilé, le Parc National du Mont Mégantic ! Son sommet atteint les 1 102 mètres d'altitude, la végétation rappelle beaucoup celle du Parc National des Grands Jardins.

 

Observatoire Mont Mégantic Olivier VANNUCCI

 

A son sommet se trouve un observatoire astronomique (astrolab), qui permet de contempler la voie lactée et des milliards d'autres choses !

 

Les pinèdes fourmillent de vie, la migration rampante des passereaux est palpable. Des dizaines de parulines de plusieurs espèces s'activent d'un pin à l'autre sous l'oeil intéressé de l'épervier brun. Nous ferons la rencontre des roitelets, notamment le Roitelet à couronne rubis (Regulus calendula) ! Plus gros que leurs cousins européens, ils sont peu farouches.

 

Roitelet à couronne rubis Olivier VANNUCCI

 

Sa calotte vermillon discrète en dehors de la période de nidification, se laisse entrevoir parfois, comme sur la photographie ci-dessous.

 

Roitelet à couronne rubis Olivier VANNUCCI 2

 

Un peu plus farouche, le Junco ardoisé (Junco hyemalis) se laisse rarement approché, j'ai surpris cet individu chantant dos à moi ! Ce passereau granivore est reconnaissable en vol, aux bordures blanches marquées de chaque côté de la queue.

 

Junco ardoisé Olivier VANNUCCI

 

Un cortège sympatique de parulines l'accompagne. Elles volent d'abre en arbre à la recherche d'insectes.

Tout d'abord, se présente à nous la Paruline à poitrine baie (Setophaga castanea), les adultes nuptiaux sont bien plus marqués que l'individu observé.On entraperçoit une teinte rousse sur ses flancs, cachée en partie par ses ailes.

 

Paruline à poitrine baie Olivier VANNUCCI

 

Et une autre au plumage très proche, la Paruline rayée (Setophaga striata). Elle est reconnaissable à ses pattes bien jaune-orange.

 

Paruline rayée Olivier VANNUCCI

 

Pour finir ce passage au Mont Mégantic, un Orthoptère rappelant l'Arcyptère en France, il s'agit du Faux-mélanople alpin (Booneacris glacialis). Les criquets d'Amérique de nord, notamment ceux rencontrés au Québec semblent plus robustes. En les manipulant à la main, ils se débattent avec une sacrée force ! Ce doit être le climat boréal qui les a endurci !-).

 

Faux-mélanople alpin Olivier VANNUCCI

 

On continue notre route, direction le Lac Brome, pas très loin de notre point de départ Chambly. Pour y accéder le GPS nous a fait emprunter de nombreuses pistes perdues au milieu de la forêt. Il faut éviter de tomber en panne, il n'y a pas beaucoupe de monde au kilomètre carré dans ce coin là !

 

Piste lac Brome Olivier VANNUCCI

 

Merle bleu de l'Est Olivier VANNUCCI

 

En arrivant sur les abords du lac, une petite famille de Merlebleu de l'Est (Sialia sialis) chasse les insectes sur une prairie pâturée extensivement (présence de nombreux arbustes disséminés ça et là). Le mâle est d'un bleu éclatant, sur la photographie, il s'agit certainement d'une femelle.

 

Avant de nous quitter, voici un cliché faisant office de carte postale, il s'agit des fotêts canadiennes en septembre que l'on a pus voir tout au long de notre trajet.

 

Forêt automne Québec Olivier VANNUCCI

 

Olivier et Adeline.

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Published by Naturalistes - dans Monde
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