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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 09:03

Avant de commencer la rédaction de cet article, nous tenons à préciser que ces clichés ont été realisés avec un minimum de dérangements. Les espèces pour lesquelles les effectifs sont réduits et en déclins ne feront pas l'objet de photographies. Nous rappelons également que les photographies d'espèces servant à la sensibilisation ne riment pas avec photographies de collection !

Chaque hiver les chauves-souris font l'objet d'un recensement organisé par des associations locales, régionales voire nationales reconnues (www.sfepm.org) dans le but d'améliorer les connaissances de ces petites bêtes. Chaque cavité (carrières, caves, souterrains, grottes,...) est alors comptée (quand il y a des effectifs significatifs) une fois par an pendant les périodes les plus froides.

Dans chaque région un Plan d'Action Chiroptères est mis en place sur une période donnée où des fiches actions permettent de décliner différentes opérations (protection, suivis, sensibilisation,...). Des "espèces prioritaires" sont identifiées afin de se focaliser sur celles-ci pour entreprendre des suivis plus lourds (radiopistage, protection de gîtes,...).

En France métropolitaine, on dénombre 33 espèces de chiroptères(toutes protégées) dont certaines décrites récemment comme l'Oreillard des Alpes (Plecotus macrobullaris) ou le Murin d'Alcathoe (Myotis alcathoe). L'engouement des naturalistes pour ce groupe taxonomique est de plus en plus important, c'est donc dans ce cadre que nous réalisons cet article.

Chauves-souris 0204

Ici un Murin à moustaches (Myotis mystacinus) couvert de gouttelettes condensation.

daub françois
Croquis de Murin de Daubenton.

Différentes familles de chauves-souris sont présentes en France métropolitaine, la plus importante est celle des Vespertilionidés (Murins), ensuite vient celle des Rhinolophidés (Rhinolophes), les Molossidés (Molosses) et les Minioptéridés (Minioptères).

daub


Pendant l'hibernation les chiroptères se réfugient dans des cavités où la température reste constante et où il y règne une hygrométrie assez importante (tous ces paramètres varient énormément d'une espèce à l'autre). Ci-dessus un Murin de Daubenton (Myotis daubentonii) s'est glissé dans une fissure d'un bloc de roche, cette espèce est inféodée aux milieux humides (cours d'eau, étangs, canaux,...). Ci-dessous la même espèce active en automne.

Daubenton


Certaines espèces sont plus grégaires que d'autres pendant l'hibernation, chez les Murins (genre Myotis) seuls les Murins de Capaccini (Myotis capaccinii)  plus méridionaux et les Murins à oreilles échancrées (Myotis emarginatus)  chez nous peuvent former des "grappes"  ou essaim comprenant jusqu'à une centaine d'individus. 
 

MOE


Ci-dessous un individu isolé, reconnaissable à son poil hirsute, ses oreilles plutôt parallèles lorsqu'on le voit de dos suspendu. Son échancrure à l'oreille est plus ou moins visibles suivant les cas. En hibernation il s'intalle de préférence dans des fissures, d'où il ne dépasse guère.

 

  mu o e

Quelques croquis de François dans les cavités, avec un oreillard sp., des grands murins et un murin sp.

 comptage sarthe janvier 2010
La plus grosse bête que l'on trouve c'est le Grand Murin (Myotis myotis), avec ces oreilles divergentes assez larges, son museau proéminent et ses longues griffes des pouces.

Grand Murin

Cette espèce s'observe souvent dans des secteurs plus frais et humides dans les cavités et dans une totale obscurité.

016

Voici un autre murin, le Murin de Bechstein (Myotis bechsteinii) qui est présent dans quelques cavités. Souvent, cette espèce se faufile dans fissures assez étroites mais donnant accès à de micro-cavités dans les parois (disjointement de pierres dans les souterrains, ...). Il est reconnaissable à ses oreilles assez grandes proportionnellement à sa taille (qui est moyennne pour un murin), son museau épais et sa couleur avec un démarquage entre le ventre et le dos (pas aussi blanc que le Murin de natterer).

natt

Justement, le voici le Murin de Natterer (Myotis nattereri) avec ses oreilles en visières de casquette, son museau violacé plus pointu que le Bechstein, sur ce cliché nous ne voyons pas ce fameux ventre blanc si marqué chez cette espèce. Ce murin est le roi du "passage" inaperçu ! Il se glisse souvent très profondément dans les fissures, il se trahit par une oreille qui dépasse ou par son ventre bien blanc quand on ne voit qu'une partie de la bestiole.

or roux


L'Oreillard roux (Plecotus auritus) quant à lui, s'observe un peu partout, dans les entrées de cavités à même la roche ou glissé dans une fissure. Ses grandes oreilles sont protégées entre son corps et ses ailes repliées. Seuls les tragus (sorte de petite languette au coeur du pavillon de l'oreille, protégeant le conduit auditif) dépassent au-dessus de ses yeux. Son nez est large et fort.

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La Barbastelle (Barbastella barbastellus) ci-dessus présente des caractéristiques morphologiques qui la sépare des autres murins. De couleur noire, avec un museau particulier (base des oreilles élargie avec les yeux implantés à proximité du tragus) et une face "un peu écrasé". Cette espèce forestière se rencontre aux entrées de cavités ou entre les poutres de bâtiments.  

g r

Une autre famille les Rhinolophidés, très sensible au dérangement et dont les espèces sont en déclin dans de nombreuses régions. Ici un Grand rhinolophe accroché à un ancien néon dans une vieille champignonnière. Les rhinolophes s'enferment dans leurs ailes et sont visibles le plus souvent suspendus au plafond des galeries.

PET RH


Le Petit Rhinolophe pas grand du tout se faufilant dans le moindre recoin souvent très près du sol. Il peut également hiberner dans des terriers de gros mammifères (renard, blaireau,...). Ces espèces ont sans doute plus souffert des mythes et légendes car elles ressemblent aux représentations de vampires et autres draculas. De plus elles sont à la vue et à la portée tout le monde contrairement aux murins qui se cachent.

Alcathoe

Dans les espèces plus anecdotiques et où la connaissance n'est pas suffisante pour apporter plus de détails voici un probable Murin d'alcathoe (Myotis alcathoe). Petit murin reconnaissable par son aspect punk (touffe de poils bombée au niveau du front), une zone de peau nue autour de l'oeil, un tragus brun clair...

Chauves-souris 0013 

Une dernière famille plus rare dans le Nord Ouest de la France, les Minioptéridés, ici représentée par une grappe de Minioptères de Schreibers (Minioptreus schreibersii). Cette espèce de taille moyenne est essentiellment cavernicole, son museau est court, ses oreilles sont petites et dépassent peu du pelage,...


Toutes les données concernant les sites d'hibernation et les gîtes de parturition (reproduction) sont intéressantes pour les associations locales (Groupes chiroptères régionaux). Des conventions peuvent être passées entre les propriétaires et certaines associations afin de suivre les colonies et les protéger.


Olivier, Marek et François.





 

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Published by Naturalistes - dans Chiroptères
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commentaires

dumont 17/03/2011 14:27


Très belles photos. Bravo pour votre blog. Bonne continuation à vous.


Adeline 19/01/2010 11:56


Bravo à vous pour cet article très précis et pédagogique : il ne manque pas grand chose pour en faire une clé !(enfin selon un avis de non spécialiste ...)
D'une manière générale au regard des cavités suivies : la population sarthoise est-elle en déclin, stable ou en progression ? Y a-t-il de grandes différences d'évolution entre les espèces ou bien
toutes suivent-elles la tendance générale ?


Naturalistes 21/01/2010 09:31



Nous n'avons pas encore assez d'éléments à l'heure actuelle, pour donner une réelle tendance sur les effectifs et les espèces. Par contre il est vrai que d'une espèces à l'autre on voit des
différences selon l'hiver et les conditions d'hibernation (cf les deux derniers hivers). Les sites suivis et connus ne sont peut-être pas les plus intéressants (il reste encore de nombreuses
cavités non accessibles et non connues sur le Sud Sarthe). Reste alors la prospection pour découvrir les gîtes de mise-bas pour cerner un peu mieux les populations et aussi donner des indications
sur les territoires de chasse et enfin sur les distances parcourues entre l'hiver et l'été !
Le Groupe Chiroptères Pays de la Loire sera peut-être en mesure de nous donner dans quelques années des certitudes sur des espèces ciblées.