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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 12:34

Ce deuxième parcours est un aller-retour. Je quitte les sentiers pour remonter le fond du Bras des Roches Noires: un lit de cailloux, galets et bloques. A la Réunion, toutes les ravines sont généralement quasi sèches, et leur configuration dépend des grands évenements pluvieux comme les cyclones. Les eaux utilisent alors l'ensemble du lit et peuvent s'adonner à leur travail d'érosion. 

20 DSCN0226

 

Pour l'heure seul un petit torrent facilement franchissable sillonnent ce "désert" de blocs, les blocs de plus de 2 mètres cubes sont monnaie courante. Le tarier de la réunion (Saxicola tectes) toujours bien présent peut ainsi trouver de nombreux reposoirs pour chanter.

25 Saxicola tectes2

 

Dans ce décors immense, l'oeil finit par s'habituer et tombe sur quelques petites bêtes qui trouvent leur place au milieu du dédale. Les premiers habitants observés, les libellules. Nous retrouvons Anax imperator et trithemis haematina. Une espèce non déterminée de demoiselle, de livrée brune, se laissera difficilement approcher, s'envolant tel un fourmilion maladroit pour ce reposer quelques mètres plus loin.

21 Anax imperator22 Trithemis haematina2

 

Ce sont ensuite les araignées. Chacune a sa loge, l'une placant sa toile entre deux galets, ...

24 epeire sp

... l'autre au dessus de l'eau, une autre encore chassant à vue sur les paroies abruptes.

23 araignee sp

La dernière espèce contacter est la seule identifiée, la fameuse Nephila inaurata (sur la photo, l'individu fait près de 15cm de long avec les pattes) avec son chapelet de proies. Elle est accompagnée d'une espèce beaucoup plus petite qui semble profiter de la même toile (!?).

26 Nephila inaurata

 

Arrivée à mi parcours, isolé de toutes présences humaines, certaines paroies abruptes présentes des failles propices pour l'Hirondelle de Bourbon (Phedina borbonica), qui y niche. Une dizaine d'individu en chasse permanente autour du rempart m'aura attiré l'attention... 

28 Phedina borbonica

 

La ravine semble maintenant se végétaliser et les dénivelés deviennent plus sérieux. La végétation des abords semble devenir plus locale avec des sols volcaniques encore en lichen et en mousses, parsemés de petits arbres pionniers et bien souvent endémique. C'est  le début des vertigineux remparts inexplorés. Pour la petite histoire, les derniers individus de Pétrels noires de Bourbon peuplent encore ces flancs de hautes altitudes. Cette espèce restée légendaire de par ses moeurs strictement nocturnes s'éteind inexorablement!

Le Merle pays (Hypsipetes borbonicus), espèce endémique de ces forêts primaires, viendra me chanter au nez et me sonner l'heure du retour. Qu'il est bon de pouvoir s'immerger encore dans ces paysages presque vierge...

29 Hypsipetes borbonicus

 

Benoit

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Published by Naturalistes - dans Les Iles
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commentaires

Naturalistes 16/01/2013 15:10

Un article qui fait voyager loin du froid et du gris ambiant ! Merci Benoit.